Le Syndicat de copropriété est une collectivité qui regroupe tous les copropriétaires d’un immeuble..

« Face à des propriétaires trop difficiles, nous nous offrons le luxe de démissioner ! »

Ancien étudiant en médecine devenu officier dans l’armée, promoteur de la francophonie jusqu’en Afrique australe, Jean-Marc Thomas est une figure atypique dans le milieu feutré des syndics. Raison de plus pour évoquer avec lui, en toute franchise, son quotidien au sein du cabinet Gerasco.

Pouvez-vous nous présenter le cabinet Gerasco, que vous dirigez avec votre frère, Thierry ?

Nous sommes avant tout un cabinet familial, remarquable par sa stabilité. le cabinet a été fondé par notre grand père en 1936, il est devenu cabinet ThOmaS en 1960 puis Gerasco Thomas en 1984. Nous sommes la troisième génération. La quatrième arrive et travaille pour le moment comme collaborateur. Nous gérons des biens principalement dans le viième et le Xvème par souci d’efficacité. Nous occupons d’ailleurs les mêmes locaux depuis 50 ans. Nous souhaitons conserver notre taille et nous ne cherchons pas à grossir pour ne pas modifier notre organisation. Les 200 immeubles que nous gérons nous suffisent amplement!

Justement, comment vous situez-vous face aux groupes qui dominent ce marché ?

La première question que l’on me pose lors de la reprise d’un immeuble est souvent « A quel groupe appartenez-vous ? ». Nous n’appartenons à aucun groupe et le fait de dire que nous sommes un cabinet de syndic, familial, à taille humaine, qui ne ferme pas de toute l’année, qui n’est pas sur répondeur toute la journée, constitue un argument
de vente loin d’être négligeable ! Tous les immeubles que l’on nous propose viennent d’ailleurs de nos confrères des grands groupes …

les copropriétaires veulent des interlocuteurs stables sur leurs immeubles qui ne changent pas tous les 6 mois ! Ils aiment quand le syndic connaît parfaitement l’historique de l’immeuble.

Vous évoquez ici l’argument principal de tous les cabinets indépendants !

Bien sur, mais c’est la réalité. On nous contacte toutes les semaines pour une reprise d’un immeuble géré par un groupe. Il est vrai qu’une affaire comme urbania et ses emprunts ne nous a pas fait que de la bonne publicité. au salon de la copropriété, la question qui revient en permanence est « Mon syndic n’est pas bon, je veux en changer.

Que faut-il faire ? ». Je vous le dis d’autant plus librement que nous ne souhaitons pas grossir. Nous voulons garder un portefeuille stable. Face à des propriétaires trop difficiles, malhonnêtes ou aux comportements discutables ; nous nous offrons le luxe de démissionner !

✓ Tous les immeubles que l’on nous propose viennent d’ailleurs de nos confrères des grands groupes.

Dans toutes les copropriétés, il y a naturellement des problèmes et c’est notre métier de les gérer : des mauvais payeurs, des irascibles, des cassepieds, il y en a partout. Mais il ne doit pas y en avoir trop. nous devons pouvoir conserver un investissement
en temps raisonnable et gérable. Nous calculons nos honoraires en fonction du temps de visite, du nombre de lots, du nombre d’équipements de l’immeuble. Si vous recevez
15 courriels par jour dont certains après minuit, suivi d’une relance si vous n’avez pas répondu avant 7 heures du matin, avec en plus une mise en copie des voisins et relations ; cela peut très vite devenir ingérable ! nous nous autorisons ce luxe pour maintenir une qualité de service. Je peux vous citer le cas d’un gros propriétaire qui en s’alliant ou en obtenant des pouvoirs se permettait de faire adopter des décisions à son avantage unique, aux dépens de l’intérêt général. J’ai préféré arrêter et démissionner. Pour l’anecdote, on m’a proposé récemment un autre immeuble avec le même gros propriétaire. Je l’ai refusé sans hésitation…

Votre chiffre d’affaire est remarquablement stable et vous tenez un discours courageux et original. Vous ne subissez donc pas la crise ?

Nous ne souffrons pas de la crise dans la mesure où nous avons un nombre stable d’immeubles où les honoraires que nous touchons proviennent de la gestion et des travaux. En revanche, les gens veulent moins dépenser et choisissent désormais les devis les plus bas, aux dépens de la qualité. Le public devient aussi plus exigeant. les jeunes propriétaires qui viennent d’acheter sont parfois redoutables : ils croient qu’ils ont droit à tout. Ils peuvent même nous écrire des courriels de trois pages sur la faible puissance de l’ampoule du pallier ! Pire qu’un polytechnicien à la retraite ! Ceci pour dire qu’il y a malgré tout une accession à la propriété. le patrimoine se renouvelle. la façon de penser, d’habiter est complètement différente. Du temps des gardiennes, du temps de mon grand père, tout le monde se connaissait dans les immeubles. Désormais, on ne connaît plus son voisin. c’est une évolution qui transforme forcément les réunions de copropriétaires.

 

Cabinet Gerasco
12 employés
• gestion locative
• Syndic De copropriété
• Transaction immobilière
69, avenue De Suffren
75007 Paris
Tél : 01 47 83 53 87
Fax : 01 45 66 07 85
gerasco@wanadoo.fr